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ART HOME - GALERIE GRATADOU
Bienvenue dans l’atelier de Jean-Michel Hannecart à Reims.
Jean-Michel Hannecart nous convie au sein d’un ensemble de figures étrangement familières. Des figures qu’on pense avoir déjà vues - peut-être -, dont on parvient à identifier clairement quelques unes, tandis que les autres, insituables, continuent à flotter indéfiniment dans notre mémoire. Aussitôt croit-on en reconnaître une, qu’elle se dérobe. Certaines concernent visiblement des événements politiques récents, d’autres appartiennent à un contexte plus intime, d’autres encore sont issues de l’histoire de l’art. Elles n’obéissent, pour autant, à aucun classement précis. Quelques unes subissent des effets de surimpressions, de transparences, de collages, qui les rendent encore plus troubles. Parfois, elles se reproduisent, d’une composition à une autre, sans être cependant exactement les mêmes. Nimbées de tons pâles, dans un quasi camaïeu de gris, beige, bleu ou vert, elles ont un aspect légèrement passé, aspect accentué par les fines striures ou par le quadrillage discret qui les recouvrent. On dirait qu’elles viennent de loin. Que, remontant depuis les limbes de notre cerveau, elles traversent une succession de voiles avant de venir nous appeler. Car ces figures exercent clairement un effet obsessionnel sur le spectateur. Elles portent en elles une invitation :celle de ressentir, de se souvenir, d’ouvrir les yeux. Elles n’auront de cesse de maintenir notre conscience dans un état de suspension tant que nous ne les aurons pas regardées à satiété. Pour obtenir de tels effets, Jean-Michel Hannecart a mis au point un ensemble de contraintes et de procédés très personnels. La contrainte : collectionner, sur le mur de l’atelier, un réservoir d’images constamment renouvelé, images empruntées, pour la majeure partie d’entre elles, au journal Le Monde. Le procédé : dessiner ces figures au crayon, puis les transférer, manuellement, sur du papier préparer à la craie. Les qualités propres de ce papier interviennent dans le résultat final (taches résiduelles, texture, couleur). D’autres techniques concourent encore à mettre à distance la figure initiale. Au cours de ce processus, l’image se sublime, jusqu’à atteindre un état de grâce qui la maintient en équilibre entre particularité et universalité. Aujourd’hui, l’utilisation d’images recueillies dans la presse ou sur Internet, comme réponse à leur sur-présence, est fréquente parmi les artistes. Chez Jean-Michel Hannecart, ces images ne sont pas vraiment élues au hasard.Pour autant, elles ne le sont pas non plus en vertu de critères déterminés. Sans que l’artiste l’ait délibérément décidé, on retrouve, de l’une à l’autre, des postures, des expressions similaires, qui relient entre eux des êtres appartenant à des contextes et à des époques souvent très éloignés. L’artiste recrée ainsi une bibliothèque à la Warburg dans laquelle chaque image incarne une vérité humaine qui lui préexiste et qui resurgit à des moments et en des lieux inattendus.C’est ce qui fait que ces compositions, dans leur poésie si vibrante, nous touchent singulièrement. Anne Malherbe
Jean-Michel Hannecart nous convie au sein d’un ensemble de figures étrangement familières. Des figures qu’on pense avoir déjà vues - peut-être -, dont on parvient à identifier clairement quelques unes, tandis que les autres, insituables, continuent à flotter indéfiniment dans notre mémoire. Aussitôt croit-on en reconnaître une, qu’elle se dérobe. Certaines concernent visiblement des événements politiques récents, d’autres appartiennent à un contexte plus intime, d’autres encore sont issues de l’histoire de l’art. Elles n’obéissent, pour autant, à aucun classement précis. Quelques unes subissent des effets de surimpressions, de transparences, de collages, qui les rendent encore plus troubles. Parfois, elles se reproduisent, d’une composition à une autre, sans être cependant exactement les mêmes. Nimbées de tons pâles, dans un quasi camaïeu de gris, beige, bleu ou vert, elles ont un aspect légèrement passé, aspect accentué par les fines striures ou par le quadrillage discret qui les recouvrent. On dirait qu’elles viennent de loin. Que, remontant depuis les limbes de notre cerveau, elles traversent une succession de voiles avant de venir nous appeler. Car ces figures exercent clairement un effet obsessionnel sur le spectateur. Elles portent en elles une invitation :celle de ressentir, de se souvenir, d’ouvrir les yeux. Elles n’auront de cesse de maintenir notre conscience dans un état de suspension tant que nous ne les aurons pas regardées à satiété. Pour obtenir de tels effets, Jean-Michel Hannecart a mis au point un ensemble de contraintes et de procédés très personnels. La contrainte : collectionner, sur le mur de l’atelier, un réservoir d’images constamment renouvelé, images empruntées, pour la majeure partie d’entre elles, au journal Le Monde. Le procédé : dessiner ces figures au crayon, puis les transférer, manuellement, sur du papier préparer à la craie. Les qualités propres de ce papier interviennent dans le résultat final (taches résiduelles, texture, couleur). D’autres techniques concourent encore à mettre à distance la figure initiale. Au cours de ce processus, l’image se sublime, jusqu’à atteindre un état de grâce qui la maintient en équilibre entre particularité et universalité. Aujourd’hui, l’utilisation d’images recueillies dans la presse ou sur Internet, comme réponse à leur sur-présence, est fréquente parmi les artistes. Chez Jean-Michel Hannecart, ces images ne sont pas vraiment élues au hasard.Pour autant, elles ne le sont pas non plus en vertu de critères déterminés. Sans que l’artiste l’ait délibérément décidé, on retrouve, de l’une à l’autre, des postures, des expressions similaires, qui relient entre eux des êtres appartenant à des contextes et à des époques souvent très éloignés. L’artiste recrée ainsi une bibliothèque à la Warburg dans laquelle chaque image incarne une vérité humaine qui lui préexiste et qui resurgit à des moments et en des lieux inattendus.C’est ce qui fait que ces compositions, dans leur poésie si vibrante, nous touchent singulièrement. Anne Malherbe


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