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ART HOME - GALERIE GRATADOU
Bienvenue dans l’atelier de Natalia Jaime-Cortez à Paris.
Dans le silence de l’atelier de Natalia Jaime Cortez, ses dessins, légers sans pour autant être fragiles, relèvent de gestes premiers : plier puis déplier, pigmenter, tremper... Autant d’actions révélées par les papiers, tout autant supports qu’acteurs du dessin. Pour la plupart, ces papiers ont déjà vécu auparavant, ont connu des sédimentations avant d’être repris par Natalia Jaime-Cortez, qui en a modifié la matière : elle a transformé ces papiers japonais qu’elle affectionne, fins et souples, en des surfaces crayeuses et stratifiées. Leur délicate translucidité dévoile parfois l’ancien trait d’encre qui venait s’y épanouir.
On ne s’étonnera pas d’apprendre que l’artiste réalise également des performances, au cours desquelles, elle n’hésite pas à entrer dans la couleur, à se laisser recouvrir de pigments purs bien volatiles. Son travail de dessin ne se situe pas à côté de cet intérêt pour le geste, pour la danse, mais bien tout contre : ses pliages qui retiennent dans leurs lignes de crête de minces liserés aux teintes variées ne manquent de faire penser aux chorégraphies lentes de Marie Cool, venant manipuler des feuilles de papier immaculées.
J’espère que Natalia Jaime-Cortez me pardonnera de conclure ce texte sur une métaphore animale, mais ses dessins à l’encre, dans lesquels les gestes précis viennent former des sillons colorés qui bien souvent dépassent le champ du papier, me renvoient inévitablement au texte de Francis Ponge, « Escargots » (1936). L’écrivain évoque, loin des clichés habituellement liés au gastéropode, le « sillage argenté » de ces « êtres dont l’existence même est oeuvre d’art » grâce à leurs sécrétions perçues comme miraculeuses. « Quel bonheur, quelle joie donc d’être un escargot » se réjouit même l’auteur. Et en effet, que rêver de plus gracieux que cet éloge du peu, de la lenteur et de la discrétion qui conduit à une contemplation des usures, froissures et autres craquèlements de surface.
Dans le silence de l’atelier de Natalia Jaime Cortez, ses dessins, légers sans pour autant être fragiles, relèvent de gestes premiers : plier puis déplier, pigmenter, tremper... Autant d’actions révélées par les papiers, tout autant supports qu’acteurs du dessin. Pour la plupart, ces papiers ont déjà vécu auparavant, ont connu des sédimentations avant d’être repris par Natalia Jaime-Cortez, qui en a modifié la matière : elle a transformé ces papiers japonais qu’elle affectionne, fins et souples, en des surfaces crayeuses et stratifiées. Leur délicate translucidité dévoile parfois l’ancien trait d’encre qui venait s’y épanouir.
On ne s’étonnera pas d’apprendre que l’artiste réalise également des performances, au cours desquelles, elle n’hésite pas à entrer dans la couleur, à se laisser recouvrir de pigments purs bien volatiles. Son travail de dessin ne se situe pas à côté de cet intérêt pour le geste, pour la danse, mais bien tout contre : ses pliages qui retiennent dans leurs lignes de crête de minces liserés aux teintes variées ne manquent de faire penser aux chorégraphies lentes de Marie Cool, venant manipuler des feuilles de papier immaculées.
J’espère que Natalia Jaime-Cortez me pardonnera de conclure ce texte sur une métaphore animale, mais ses dessins à l’encre, dans lesquels les gestes précis viennent former des sillons colorés qui bien souvent dépassent le champ du papier, me renvoient inévitablement au texte de Francis Ponge, « Escargots » (1936). L’écrivain évoque, loin des clichés habituellement liés au gastéropode, le « sillage argenté » de ces « êtres dont l’existence même est oeuvre d’art » grâce à leurs sécrétions perçues comme miraculeuses. « Quel bonheur, quelle joie donc d’être un escargot » se réjouit même l’auteur. Et en effet, que rêver de plus gracieux que cet éloge du peu, de la lenteur et de la discrétion qui conduit à une contemplation des usures, froissures et autres craquèlements de surface.


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